Ma fille est insupportable depuis la naissance de son frère !

Ma fille est insupportable depuis la naissance de son frère !

L'annonce ou l'arrivée d'un nouvel enfant au sein du foyer peut ne pas être perçu d'un bon oeil de la part de votre premier enfant qui se sentira parfois perturbé et soucieux de perdre ses parents qui sont le premier objet d'attachement d'un enfant, notamment sa mère avec les liens tissés lors de la grossesse et la période symbiotique fusionnelle qu'elle vit avec son enfant après la naissance.

 

Retour de la maternité :

 

Vous rentrez de la maternité, épuisée mais heureuse de pouvoir être réunis à la maison avec votre conjoint et vos enfants, que votre aîné puisse enfin rencontrer bébé ! En début de grossesse vous aviez annoncé la bonne nouvelle à votre enfant : « Tu vas avoir un petit frère/ une petite soeur ! ». Vous exultiez de bonheur avec le papa et votre enfant n’a pas eu l’air de très bien saisir ce qui allait se passer dans sa vie.

 

Il/elle est insupportable !

 

En voyant les changements et l’agitation autour de ce nouveau venu, votre enfant change peu à peu de comportement et devient « insupportable ». Il est en perpétuelle opposition, n’écoute pas, jette ses jouets, fait de grosses colères…Il extériorise par son comportement son appréhension, sa confusion, son sentiment d’abandon, sa peur de perdre sa place et son sentiment d’injustice parfois. C’est une période de stress intense pour l’enfant qui ne comprend pas ce qui arrive à son monde qui peu à peu est complètement chamboulé. 

Avoir un petit frère ou une petite soeur est pour l’enfant déjà présent un élément majeur qui a besoin d’être accompagné par les adultes qui s’occupent de lui. C’est une transition, un processus et non un évènement ponctuel. Cela s’inscrit dans le temps et a besoin d’être accueilli, compris et digéré par l’enfant. Il faut le rassurer sur sa place auprès de son papa et sa maman, qu’il gardera en dépit de tout, même de l’arrivé d’un bébé dans sa maison.

Cet accompagnement est important pour le bien-être de l’enfant et pour les futurs liens qu’il tissera avec son frère ou sa soeur.

 

Les discours à éviter à tout prix :

Même si vous êtes excédés par le comportement de votre enfant, il sera important d'éviter certaines phrases :

 

  1. « Arrête ! Tu es un(e) grand(e) maintenant ! »
  2. « Arrête de faire le bébé ! » (rabaissement)
  3. « Comment maman va faire avec deux bébés ?!» (culpabilité)

Cela ne sera pas du tout productif et va cristalliser l'opposition et le mal-être de votre enfant. Il va falloir faire preuve de beaucoup de patience malgré la fatigue parentale que causent les nuits raccourcis, les couches, la fatigue engendrée par la grossesse, l'accouchement… 

 

8 astuces pour accompagner votre enfant à devenir un super grand frère/ grande soeur :

 

Nous vous proposons des astuces qui peuvent être mises en place pour accompagner ce processus et apaiser les tensions.

 

1/ La première chose à faire sera d’observer le comportement de votre enfant. Est-ce qu’il s’énerve plus vite qu'avant ? Est-ce qu’il pleure plus que d'habitude? Mange-t’il de la même manière? Est-il plus demandeur d’attention? Est-ce qu’il régresse en ce moment? Comment se passent les séparations (crèches, sommeil…)?

 

2/ Ensuite, il va falloir s’armer de patience et faire preuve d’empathie lors des crises de larmes. N’hésitez pas à vous mettre à hauteur de votre enfant, à le prendre d’abord dans vos bras puis lui demander avec une voix calme et posée quand il est apaisé qu’est-ce qu’il se passe pour lui? Il se sentira compris et rassuré car quand il est dans un état émotionnel intense (crise), il se sent effrayé et envahi par son émotion, il n’est plus dans la capacité de réfléchir. Le fait de parler avec lui, de lui demander ce qu’il se passe va lui permettre de se sentir écouté et de verbaliser son ressenti s’il en a la capacité (selon son stade de développement).

 

3/ Si l’enfant est accueilli à la crèche, par une assistante maternelle ou s’il est déjà en maternelle, il faudra en parler avec la ou les personne(s) qui s’occupe(nt) de lui pour travailler autour de cette transition et parler tous d’une même voix rassurante. Idem s’il est suivi par d’autres professionnels de santé (orthophoniste, psychomotricien(ne)…) ne pas hésiter à leur en parler aussi.

 

4/ Nous vous conseillons de laisser votre enfant prendre son doudou (qui est l'objet transactionnel par excellence) autant qu’il le désire. Cela ne signifie pas qu’il est un bébé et qu’il va régresser. Il a juste besoin d’un réconfort ponctuel, le temps de la transition, il s’en désintéressera par la suite.

 

5/ Vous pouvez faire participer votre enfant à la préparation de l’arrivé du bébé, s’il n’est pas encore né ou pour des petites missions (aller chercher un bavoir pour bébé, apporter une couche…). Lui demander de l’aide pour préparer le coin du bébé, lui choisir son doudou, ses vêtements…il ou elle se sentira valorisé et entamera le chemin de l’apprentissage de son rôle de grand frère ou de grande soeur. De plus, il pourra mieux se projeter de manière concrète et il deviendra le petit assistant de maman, ce qui lui plaira certainement.

 

6/ Vous pouvez lui proposer des livres évoquant l’accueil d’un petit frère ou d’une petite sœur dans la famille. Il y a de nombreuses collections disponibles sur Amazon ou à la Fnac. Comme les petits livres de Catherine Dolto : “J'attends un petit frère ou une petite soeur”, “Un bébé à la maison”, ou bien “Maman a un bébé dans son ventre”…

 

7/ Vous pouvez aménager un coin jeu d’imitation tel un petit couffin avec un bébé, une dinette… afin de lui permettre de rejouer ce qu’il vit et mettre à distance ses pulsions.

 

8/ En amont, durant la grossesse, nous vous conseillons d’accompagner au maximum votre enfant vers l’autonomie. Lui montrer comment mettre son manteau seul, mettre ses chaussures (si son stade de développement le permet), se laver les mains, manger de manière indépendante… Cela aura deux avantages. Premièrement, ce sera plus facile avec un bébé, si l'aîné est un minimum autonome. Deuxièmement, à l’arrivée du bébé, plus votre enfant fera des choses en autonomie, moins il sera frustré, il sera beaucoup plus apaisé de faire les choses par lui-même.

 

Nous espèrons que cet article vous sera utile et souhaitons aux parents beaucoup de courage dans cette période assez difficile mais en même temps merveilleuse qu’est l’arrivée d’un nouvel enfant dans le foyer.


Liste des commentaires


Ajouter un commentaire


N'hésitez pas à nous laisser votre avis

Vous avez des propositions ou des remarques ? N'hésitez pas à nous contacter!

Nous contacter!